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> La vidéosurveillance IP intègre le SI <
Publiée le 4/1/2007 Par www.01net.com

Bien utilisée, cette solution de vidéosurveillance permet des économies d'infrastructures et une ouverture vers le reste du système d'information.

« Certains analystes voyaient la migration vers la téléphonie IP comme assez rapide, elle s'est révélée plus lente que prévu. Pour la vidéosurveillance IP, c'est l'inverse, elle dépasse toutes les prévisions », résume Sébastien Amiotte, responsable produits vidéo de l'intégrateur SPIE Communications.

Vincent Royer, chef du département Sûreté/Sécurité de la chambre de commerce et d'industrie d'Ajaccio et de la Corse du Sud est en bonne place pour en observer l'évolution. Il a supervisé, en 2004, la mise en place du système de vidéosurveillance IP de l'aéroport Campo Dell'Oro, puis, deux ans plus tard, celle du port, en cours de déploiement.

La nouvelle installation est bien plus complexe, répartie sur trois sites distants, avec six stations de visualisation (dont deux pour l'aéroport) et associe à des caméras plus performantes un système de détection d'intrusion sophistiqué. Le budget n'a cependant pas explosé, passant seulement de 208 000 euros à 338 000 euros.

« Les technologies, notamment de transmission Wi-Fi, sont bien plus performantes aujourd'hui, et les prix des matériels ont diminué sensiblement au cours de ces dernières années. Par exemple, pour le stockage numérique, un NAS qui était vendu 8 000 euros il y a trois ans ne coûte plus aujourd'hui que 3 000 euros. »

L'utilisation : priorité à l'enregistrement

« Vous avez beau mettre cent caméras, il n'est pas sûr que l'opérateur derrière ver ra ce qui se passe. L'enregistrement est primordial pour pouvoir ultérieurement lire une plaque, identifier une personne... », confie Vincent Royer. « Un bon enregistrement, c'est suffisant. Pas de caméras mobiles non plus : elles nécessitent quelqu'un derrière et c'est un salaire », ajoute Bertrand Papon, directeur technique de Sapec.

Gérald Lambert a réalisé un arbitrage similaire en faveur de l'enregistrement pour le système de vidéosurveillance urbaine de Yerres : « Les caméras travaillent en MPEG-4 et émettent deux flux vidéo. L'un à vingt-cinq images par seconde, mais en 2CIF [240 lignes, NDLR] pour une image temps réel fluide, l'autre, qui sert à l'enregistrement est à cinq images par seconde mais en 4CIF [480 lignes, NDLR] pour une image de meilleure qualité. »

La taille du disque nécessaire pour conserver les enregistrements varie largement selon les réglages. De plus, certains modèles de caméras IP optimisent l'enregistrement et la bande passante en n'émettant des images que lorsqu'une activité est détectée. Disposant de seulement 550 Go, Bertrand Papon peut ainsi conserver ses images pendant quatre jours et envisage d'augmenter la capacité du disque à 750 Go pour passer à six : « Lors des grands week-ends, il arrive qu'on ne se rende compte d'un accident ou d'un problème qu'au bout de trois à quatre jours, mais au-delà d'une semaine ça ne vaut sans doute plus la peine, raconte-t-il. Si une séquence doit être conservée, il est toujours possible de l'archiver. »

Dans le cas de l'aéroport d'Ajaccio, où une vingtaine de caméras procèdent à des enregistrements continus en haute qualité, il faut près de 1 To quotidien. Vincent Royer a donc choisi de se limiter pour le moment aux 72 heures minimales imposées par la réglementation de l'aviation civile. Les réglages préconisés pour le Groupement des Mousquetaires (Intermarché, Ecomarché, etc.) imposent environ 10 Go d'enregistrements par jour et par caméra, pour un stockage en standard d'une dizaine de jours.

La mise en oeuvre : réseau partagé ou dédié

Le temps de mise en oeuvre est assez variable. La problématique est celle d'une nouvelle application réseau, assez similaire à celle de la téléphonie IP. Quelques jours ou quelques semaines dans les cas simples, bien plus s'il faut des développements spécifiques. Une réflexion en amont est indispensable pour le choix d'implantation des caméras et la manière d'intégrer le réseau de vidéosurveillance à l'existant.

La pose et le paramétrage des caméras peuvent enfin être fastidieux et nécessitent à la fois des compétences métier (que faut-il surveiller ?)... et cinématographiques (choix du champ, prise en compte de la lumière). Il existe aussi des contraintes légales à respecter. « Les caméras fixes sont positionnées de façon à éviter les zones privées, explique Gérald Lambert. C'est plus complexe pour les dômes. Le numérique permet une programmation interne, indexée en degrés, qui cache telle ou telle partie de l'image. Le brouillage dépend aussi du niveau de zoom. On autorisera un plan d'ensemble sur un immeuble, mais pas un zoom sur une fenêtre. Mais on pourra zoomer entre deux immeubles. C'est bien plus pratique qu'un masque mécanique. »

Le choix du réseau peut se révéler complexe, notamment pour la maîtrise des flux. Une option simple, quoique plus coûteuse, consiste à mettre en place un réseau dédié à la vidéosurveillance. C'est ce qui a été fait à Ajaccio, car c'est l'installation la plus sécurisée. C'est aussi le choix de Bertrand Papon. Pour éviter tout engorgement du réseau, les caméras sont reliées à un commutateur indépendant connecté exclusivement au serveur d'enregistrement qui communique avec l'extérieur via une seconde interface. Cette approche présente l'inconvénient de nécessiter un nouveau câblage complet.

Sébastien Amiotte relève qu'il est plus fréquent de dédier un VLAN à la vidéosurveillance, ce qui évite les collisions entre paquets vidéo et paquets de données et contribue à la sécurité en limitant l'accès aux caméras. Pour le Groupement des Mousquetaires, la solution retenue consiste à équiper les points de vente d'un câble de catégorie 6 pouvant supporter des débits de plusieurs Mbit/s. Faire passer tous les flux vidéo ou de données sur un même câble, utilisé même pour l'alimentation électrique (grâce à des caméras de type Power-over-Ethernet), évite les surcoûts liés à un câblage spécifique.

Pour la ville de Yerres, les progrès en matière de BLR ont été déterminants dans le choix du système de vidéosurveillance urbaine : « Nous avons retenu une solution hertzienne de type RLAN à base d'équipements Alvarion [une adaptation des protocoles WiMAX à la bande de fréquences des 5 GHz, NDLR] avant tout pour une problématique de coûts. » Pour les villes, les coûts de câblage sont en effet très importants (les travaux de génie civil sont estimés à 200 euros par mètre de tranchée) et nécessitent usuellement d'avoir recours à un opérateur télécoms.

Ils justifient en grande partie l'existence d'offres packagées de vidéosurveillance comme l'Orange Business Services de France Télécom. Le choix technique de Yerres est intéressant, car la maîtrise par la ville du réseau sans fil urbain à permis d'y faire circuler d'autres données que la seule vidéo : téléphonie IP, surveillance d'équipements municipaux et accès Internet pour les écoles.

Les gains : la vidéo devient partie intégrante du SI

L'ouverture de la vidéosurveillance vers le système d'information est bénéfique à différents niveaux. Le partage des infrastructures réseau facilite l'ajout des caméras, leur déplacement, ou encore leur maintenance à distance. Elle rend aussi aisée la consultation à distance. Pour une banque, cela permet, par exemple, de déporter facilement des centres de télésurveillance et de les unifier entre plusieurs agences.

A Ajaccio, Vincent Royer accède ainsi confortablement aux caméras de l'aéroport depuis son bureau situé sur le port. Bertrand Papon utilise régulièrement la vidéo pour lever, via Internet, les fausses alertes générées par son alarme (indépendante du système vidéo). Pour lui, c'était un besoin auquel ne répondaient pas les solutions analogiques.

« En revanche, c'est une fonction toujours disponible avec les réseaux de surveillance IP », ajoute Christian Legendre, adhérent Intermarché et président de la Stime. L'informatique, enfin, apporte « l'intelligence » aux systèmes de vidéosurveillance. L'analyse des images permet, par exemple, la détection de chutes d'objets sur la voie ou l'identification de flux de voyageurs (fonctions réalisées par Open Wide pour la RATP). Souvent on associera les informations visuelles à celles remontées par différents capteurs.

Dans le port d'Ajaccio, par exemple, un dispositif ALR (Area Laser Radar), issu de la technologie militaire et premier du genre en Europe, surveille les navires des plaisanciers sur 360 degrés, y compris côté plan d'eau. En cas d'intrusion, les caméras couvrant le secteur se braquent sur l'objet repéré. Plus banalement, une solution de vidéosurveillance mémorisera le visage de celui qui a badgé ou qui a pris un objet dans tel rayon d'une grande surface.

Beaucoup de solutions de vidéosurveillance IP actuelles proposent des fonctions de détecteur de mouvement par analyse d'images. Plus précise qu'une alarme volumétrique, cette méthode limite la détection à une zone et/ou à une taille précise. Bertrand Papon vante la capacité du logiciel IP Recorder (ARC-Créations) à réaliser ce type de détection en relecture à partir des archives : « En une minute, il analyse une heure environ. Tous les logiciels ne sont pas à ce niveau et j'ai écarté certaines offres sur ce critère. »

Précisons que ces fonctions sont proposées soit par le logiciel serveur, soit directement embarquées par la caméra, la tendance pour les constructeurs consistant à accroître l'intelligence embarquée des caméras IP pour se démarquer.

Les écueils : sécuriser l'enregistrement

Le système de vidéosurveillance doit être traité comme une application critique car les procédures de sécurité reposent généralement sur son mode de fonctionnement. Les caméras actuelles sont très solides et connaissent très peu de pannes. Le point faible se situe en fait au niveau du système informatique, en particulier le serveur de stockage.

Dans le cas de la surveillance des aéroports, la sauvegarde est une obligation réglementaire. « Il arrive que l'on doive remplacer un disque sur un NAS. Tout est en Raid 5 et les disques sont échangeables à chaud, il n'y a donc pas de soucis. Mais il faut être clair, analyse Vincent Royer. Quel que soit le type de vidéosurveillance, IP ou non, un enregistreur numérique est un disque qui est en permanence en utilisation, il est constamment en écriture. C'est quasiment une pièce d'usure. »

Il préconise d'utiliser un grand nombre de petits disques échangeables à chaud, le Raid 5 étant un minimum. Au niveau du paramétrage, il conseille de « croiser les serveurs , c'est-à-dire d'associer non pas une zone à un NAS, mais de réunir plusieurs caméras de différentes zones par NAS.

Un autre écueil se situe en amont, au moment du choix des caméras. Celles-ci doivent offrir la qualité d'image ou les performances nécessaires au logiciel utilisé. Inutile d'espérer procéder à des analyses d'images pertinentes dans le noir, à contre-jour ou sur un fond mobile (plan d'eau, feuillage), si la caméra n'est pas spécifiquement conçue à cet effet.

Le choix d'implantation des caméras doit donc être réalisé très tôt et tous les modèles ne se valent pas. Notons qu'il est souvent possible de réutiliser des caméras analogiques existant dans une infrastructure en les associant à un encodeur, mais qu'il ne faut pas s'attendre dans ce cas à des fonctions trop sophistiquées, à moins d'une solution dédiée.

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