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Publiée le 10/26/2008 Par Ouahi lhoucine

OUAHI Lhoucine
Enseignant chercheur
Université Cadi Ayyad -Marrakech-Maroc
E-mail : louahi2@gmail.com

Les incitations financières et performances des entreprises exportatrices marocaines

 Le Maroc a mis en œuvre une politique de libéralisation, en vue de réaliser son intégration dans l’économie mondiale. Cette intervention de l’Etat s’est manifestée en matière du commerce extérieur.

Ainsi, l’Etat doit prendre des positions pour préserver et défendre la compétitivité de l’économie nationale par diverses mesures. Certes, les subventions directes à l’exportation sont, en principe, interdites par les accords internationaux dans le cadre de l’OMC. Mais les aides indirectes constituent des instruments de politique économique fréquemment employés. C’est le cas principalement, des crédits privilégiés à l’exportation, ainsi que l’adoption des systèmes particuliers d’assurance aux exportations, des prises en charge par l’Etat de certains coûts de prospection de nouveaux marchés extérieurs etc.…

En outre, les opérations du commerce extérieur sont redevables d’un financement autonome et particulier pour deux motifs : d’abord, c’est que ce type de financement dépasse le cadre financier normal des entreprises. Ensuite, ce financement comporte des modalités spéciales qui ne sont pas accessibles pour les autres entreprises non exportatrices.

Dès lors, plusieurs interrogations nous interpellent :

En quoi l’environnement national de l’entreprise exportatrice est favorable pour l’exploitation des opportunités en termes de financement créées par le développement des marchés internationaux de capitaux ? 

Dans quelle mesure le système de financement du commerce extérieur marocain[1] répond-il aux attentes des entreprises exportatrices pour faire face à la compétitivité internationale ?

Pour apporter des éléments de réponse à ces interrogations, le travail est articulé autour de deux axes:

ÜD’abord, le diagnostic de l’environnement financier de l’entreprise exportatrice marocaine, les opportunités offertes aux opérateurs dans le contexte du marché national et international de capitaux.

ÜEnsuite, l’analyse du système marocain de financement et d’assurance au crédit commercial international.

I-L’environnement financier de l’entreprise exportatrice marocaine

Le développement d’une économie nationale est l’œuvre conjuguée et harmonieuse à la fois des Pouvoirs Publics et des opérateurs économiques: les premiers se préoccupent de créer un environnement propice à l’investissement et aux exportations grâce  au soutien financiers, à la simplification des procédures, et à la modernisation de l’infrastructure… Les seconds imposent une discipline dans la gestion des affaires; en améliorant la qualité des produits, grâce à la recherche technologique, à la formation et à la prospection de nouveaux marchés.

A-L’environnement financier international

Pour une entreprise ayant une activité internationale, l’impact de l’environnement international sur ces décisions (rentabilité des investissements,  la prise en compte des risques de change, politique commercial)  est évidente.

Deux axes principaux attirent plus d’attention : le marché des changes international et les marchés financiers internationaux.

1- Le  marché  des changes international

Toute entreprise qui exporte ou importe, tout particulier qui se rend à l’étranger se heurte immédiatement à un problème de change.

a- Les participants et les actifs négociés sur le marché des  changes

Le marché des changes est réservé aux banques et aux institutions financières (SIMON : 1991). Ces opérateurs interviennent pour leur propre compte ou celui de leur clientèle (les entreprises industrielles et commerciales et les particuliers). L’intervention de la clientèle privée n’est pas directe sur le marché des changes, mais elle le fait par l’intermédiaire des banques.

Le transfert  télégraphique de dépôt bancaire est le principal actif utilisé dans les transactions sur le marché des changes. La lettre de change et le numéraire ne constituent que des éléments accessoires.

b- Le marché des changes interbancaire

Le marché des changes «permet d’assurer la confrontation des offres et des demandes de devise et de déterminer le cours de chacune d’elles en monnaie nationale». Deux méthodes de cotation sont utilisées :

*Cotation à l’incertain : les cours sont exprimés devise contre monnaie nationale, c’est-à-dire: combien de monnaie nationale peut-on obtenir avec une quantité fixe de devises. Pour la place de Paris la cotation est à l’incertain.

*Cotation au certain : surtout utilisée en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, c’est une cotation monnaie nationale contre devise. Elle exprime le nombre d’unités de monnaie étrangère que l’on obtient avec une unité de monnaie nationale. (AMELON P. p : 52).

Ils existent deux différents marchés de change : marché des changes au comptant et marché des changes à terme.

Sur le marché au comptant s’effectuent des achats et des ventes de devises qui doivent être livrées au plus tard deux jours ouvrables après la date de conclusion de la transaction.

«Sur le marché à terme, les agents économiques échangent des devises qui ne sont pas livrables deux jours ouvrables après la transaction, comme sur le marché au comptant, mais à une date ultérieure déterminée et acceptée par les parties prenantes de la transaction» (LEROUX, 1994, p : 79)

c- Les nouveaux compartiments du marché des changes

Les transactions entre banques occupent une position centrale sur le marché des changes. Cependant, depuis le début de la décennie 1970, de nouveaux compartiments se sont progressivement développés. Il s’agit notamment:

-des marchés de contrat à terme de devises

-des marchés des futures et d’options sur devises

-du marché des swaps sur devises (voir GUERMATHA 1998).

2-  Le marché des euro-devises  et les marchés internationaux des capitaux

Ces marchés sont devenus une composante essentielle de la vie économique internationale car ils assurent le financement des besoins d’emprunt de nombreuses entités publiques et privées.

Cependant, leur utilité ne doit pas se réduire à cet aspect de financement, mais ils permettent également d’améliorer la gestion de certains risques internationaux au travers des différentes formes d’innovation financière sur les différents segments des marchés des capitaux.

Les acteurs sur les marchés financiers internationaux encourent divers risques tels que les risques des emprunteurs (risque sur les taux d’intérêt, risque de taux de change), les risques des investisseurs et le risque-pays.

Les entreprises extraverties doivent être en mesure de tirer profit des opportunités offertes par les marchés internationaux des capitaux. Mais aussi, les pouvoirs publics, surtout des PED, doivent instaurer des conditions propices au progrès économique, par la mise en place des systèmes financiers plus modernes répondants aux exigences de la réalité économique et financière actuelle.

B-L’environnement financier national

Plusieurs facteurs influencent directement l’activité exportatrice notamment la logistique,  les coûts des facteurs de production….Cependant, deux éléments nous paraissent directement liés à l’activité financière.

1- Les organismes de financement des exportations marocaines

Dans  tout système de financement existent des organismes auxquels les pouvoirs publics ont confié cette mission. Au Maroc, les organismes qui intervenant sont : Bank Al Maghrib (BAM), les banques commerciales, et la société marocaine pour l’assurance des exportations (SMAEX).

Cette dernière fait en général une évaluation du risque pour le fournisseur et pour l’acheteur avant d’offrir l’assurance des exportations.

Sur la base de cette évaluation, la Banque accorde le financement et se prémunit tout de même contre le risque que présente le fournisseur par rapport au crédit et y affecte la couverture de la police d’assurance détenue par le fournisseur.

2-Le système des changes marocain et financement du commerce extérieur

Les mesures réglementant le commerce extérieur, les mouvements des capitaux, les opérations de change au Maroc -dont le contrôle a été confié à l’office des changes- ont connu divers aménagements au fils des années.

Lorsque le régime de la convertibilité du dirham pour les opérations courantes fut instauré depuis 1993, tous les opérateurs économiques, et principalement les banques, s’attendaient à l’imminence de l’ouverture du marché des changes. Or BAM, garant de la stabilité de la monnaie nationale, a préféré agir avec prudence, en prenant le temps qui lui a semblé nécessaire.

BAM a préféré opter pour la continuité de contrôle de la cotation des principales devises par rapport au dirham, se basant sur son système de panier de devises et de coefficient de pondération; tout en laissant aux banques une certaine marge de manœuvre.

L’analyse de la situation des entreprises exportatrices marocaines face au marché de change marocain a aboutit à plusieurs remarques. D’abord, celles portant sur le traitement des modes de règlement par les banques : le diagnostic effectué est confirmé par les résultats obtenus par notre enquête (OUAHI : 2004), montrent l’insatisfaction des entreprises quant à certains services bancaires. Notamment  des commissions élevées prélevées sur leurs comptes ainsi que la lenteur des procédures administratives.

Dès lors, on peut déduire que le délai nécessaire à l’encaissement supporté par les exportateurs marocains provient des formes de communication utilisées par certaines banques. L’exportateur marocain à tout intérêt à réclamer le paiement par télex ou par SUIFT. Le système bancaire marocain doit adopter une logistique appropriée en informatique et télécommunication de liaison entre l’agence locale et le siège central.

II- Politique du financement des exportations marocaines

On peut dire qu’il y a crédit à l’exportation, chaque fois qu’un acheteur étranger de biens ou de services exportés est autorisé à différer son paiement.

Actuellement, le crédit est indispensable au commerce international, car les délais et les conditions de paiement constituent un critère décisif pour obtenir des contrats commerciaux au même titre que la qualité et prix des produits exportés.

Ainsi, le financement du commerce international et la mise en place des crédits à l’exportation font aujourd’hui l’objet d’une forte concurrence entre les pays. Cela dans un contexte marqué par la dégradation des risques pays, des conditions de couverture plus restrictives et des primes d’assurance plus élevées.

A-  Les crédits par signature

Si les  exportateurs éprouvent un besoin de financement  pour pouvoir faire face aux règlements des exigibilités vis-à-vis de leurs partenaires commerciaux, ils expriment également un autre besoin de trésorerie qui consiste à différer des décaissements dans le temps. Ce dernier besoin peut  être satisfait par l'obtention  des crédits par signature.

Pour le banquier, les crédits font l’objet d’une distinction entre les engagements par décaissement et les engagements par signature.

Les circonstances économiques qui motivent l’émission de ces derniers, sous forme de cautions, par les banques résident dans la réponse aux besoins spécifiques des opérateurs du commerce extérieur, plus particulièrement au niveau du règlement ou la suspension des droits et taxes exigibles à l’importation et à l’exportation en faveur de l’administration.

On distingue deux grandes catégories de cautions douanières (DAOUDI.  T.  1992 ;   pp. 79-83):

-d’une part celle délivrées dans le cadre des importations de marchandises destinées à être mises en consommation et qui permettent aux importateurs de différer le règlement des droits et taxes et de bénéficier ainsi des facilités de paiement auprès de la douane (crédit d’enlèvement, obligation cautionnée) ;

-d’autre part, celles délivrées dans le cadre des régimes économiques en douane et qui permettent aux exportateurs de bénéficier d’une exonération de droits et taxes afin d’améliorer leur compétitivité sur les marchés extérieurs: (admission temporaire, entrepôt de stockage, importation temporaire, exportation temporaire, trafic de perfectionnement à l’exportation, transit).

Cependant, pour bénéficier de ces régimes, les opérateurs doivent :

* soit présenter une caution bancaire délivrée par un intermédiaire dûment agréé par le ministère des finances,

* soit consigner une somme d’argent en espèce auprès de l’organisme chargé du recouvrement, garantissant le paiement des droits et taxes, ce qui est de nature à pénaliser lourdement la trésorerie des entreprises.

L’administration des douanes a mis en place ces différentes dispositions préventives pour lui permettre notamment de défendre ses intérêts et de se couvrir contre une éventuelle défaillance des contribuables.

Deux catégories de crédit par signature sont instituées :

1- Financement et régimes économiques en douane.

Il s’agit de : l’admission temporaire, importation temporaire, exportation temporaire, trafic de perfectionnement à l’exportation et le drawback.

Certes le régime  des importations et des exportations marocaines  a été réaménagé en fonction de la conjoncture, de la politique gouvernementale et des conventions internationales régissant le commerce extérieur auxquelles le Maroc a adhéré (BERRADA M. A. SLAMTI A. 1994). Mais cette politique a pris largement en considération la recherche de l’équilibre de la balance commerciale au détriment des besoins de l’industrie nationale.

2- Financement et cautions bancaires aux importateurs et exportateurs.

Dans un environnement économique international dominé par l’incertitude et les crises, le risque d’insolvabilité est toujours menaçant. Ainsi, des techniques financières sont progressivement apparues pour atténuer ces risques et répondre aux besoins spécifiques des importateurs et des exportateurs.

Les instruments de paiement et de règlement utilisés sont nombreux et diversifiés et sont sous forme d’engagements ou de cautionnements par aval. L’utilisation de ces instruments dépend de la nature des échanges et de la confiance réciproques que s’accordent les co-contractants.

a-les engagements par aval en devises

L’aval peut être émis sur une traite représentative de transactions commerciales effectives, ou sur un acte séparé.

Lorsque le banquier prend un engagement, il doit payer la traite à l’échéance et ce quelle que soit la situation financière de son client. Ainsi, la trésorerie des deux partenaires se trouve considérablement allégée : l’importateur marocain, en différant le paiement de sa dette, et le vendeur étranger, en mobilisant sa créance auprès de sa banque, sous forme d’escompte[2].

Cependant, il convient de  prendre en considération d’autres risques propres à cette opération en devises, bien que l’institution de la convertibilité partielle du dirham au Maroc en 1993 a éliminé plusieurs types de ces risques. Avant cette date  il n’y a pas de techniques de couverture contre les fluctuations des cours de change. Seules les exportateurs peuvent en bénéficier, aussi bien pour leurs exportations courantes que pour leurs importations dans le cadre des régimes économiques en douane.

Toutefois, d’autres risques persistent encore. Il s’agit en particulier des risques inhérents aux opérations du crédit fournisseur  et du crédit acheteur : l’engagement que prend le banquier en matière de ces opérations, porte sur des montants importants et s’étale généralement sur une longue période.

b-Les cautions délivrées avec les documents du commerce extérieur

Les opérations du commerce international nécessitent l’utilisation d’une variété des documents et pièces. Ainsi, il arrive qu’une banque soit sollicitée pour donner sa garantie en l’absence de tel ou tel document. La délivrance des cautions bancaires en faveur des exportateurs et des importateurs, assume une fonction de financement de l’activité de ces derniers.

Cependant, l’impact de l’aspect financier dans cette intervention bancaire, varie selon le mode de paiement choisi entre l’exportateur et l’importateur. Au Maroc, l’analyse des rapatriements du produit des exportations montre que les moyens de paiement les plus usités sont, par ordre, le virement simple, l’encaissement documentaire, et en dernier lieu, le crédit documentaire[3]  (OUAHI : 2004).

Le Crédit documentaire demeure le plus important moyen qui procure à l’exportateur un triple avantage : d’abord, un instrument de sécurité, de par la garantie bancaire qui en découle ; ensuite, un instrument de règlement et de régulation de trésorerie dans la mesure où il permet au vendeur d’avoir la maîtrise de ses recettes; enfin, un instrument de financement dans la mesure où il permet à l’exportateur d’accéder plus facilement à la procédure de mobilisation de sa créance née.

Le terme crédit ne signifie pas obligatoirement une avance de fonds, mais un engagement par signature, la banque émettrice se substitue à son client pour garantir le paiement à l’exportateur.

En effet, l’exportateur apparaît disposé à commencer à fabriquer dès réception de la commande et à expédier la marchandise.

Certes, ces crédits par signature n’impliquent pas toujours des décaissements énormes en matière de trésorerie et se limitent à la constitution des provisions. Mais, les banques commerciales marocaines exigent des commissions élevées et des garanties pour couvrir le risque final éventuel. Ce qui prive la plupart des PME marocaines de bénéficier de ces crédits.

B- Les crédits privilégiés relatifs au financement des exportations

Si les subventions à l’exportation sont, en principe, interdites par les accords internationaux notamment pour les biens non primaires, des aides indirectes n’en constituent pas moins des instruments de politique économique fréquemment employés par tous les pays. Citons en particulier les crédits privilégiés à l’exportation «la différence entre leur taux et ceux du marché constituant un équivalent-subvention» (MESSERLN : 1984).

Il en est de même des systèmes particuliers d’assurance pour les exportations ou la prise en charge par l’Etat de certains coûts de prospection de nouveaux marchés et de promotion[4], ainsi que des avantages fiscaux.

Ainsi, en plus des régimes économiques en douane à l’exportation, les autorités monétaires marocaines ont institué trois catégories de crédits (BERRADA M. & SLAMTI A. 1984):

1 -Les crédits de préfinancement des exportations:

- le financement des besoins généraux des entreprises exportatrices

Ces crédits permettent à l’entreprise exportatrice de couvrir les charges courantes  avant même la réalisation de l’opération de vente, en mobilisant les effets auprès de BAM, à des taux privilégiés c’est-à-dire inférieur à celui du marché (SLAMTI  A. 1993,  p. 83).

-le financement des besoins particuliers liés à l’activité exportatrice

A l’exportation, il est possible d’obtenir un financement répondant aux besoins de fabrication du vendeur. Ce sera sous forme de préfinancement. « Il concerne des gros marchés portant sur du matériel fabriqué sur devis ou des travaux réalisés à l’étranger dont la durée d’exécution est longue. Il a pour objectif de couvrir le décalage de trésorerie dû à l’insuffisance des acomptes reçus par l’exportateur à la signature de contrat ou pendant la période de fabrication pour couvrir les dépenses de fabrication.» (SIMON : 1992.  p.508).

Ce préfinancement est consenti par BAM à l’intéressé sous forme de ligne d’escompte particulière. Cependant, seules les entreprises qui exportent directement bénéficient de cette catégorie de crédit, alors que les sous-traitantes ne peuvent pas en bénéficier comme dans d’autres pays. Ce qui influence la compétitivité des entreprises marocaines.

2-Les crédits de mobilisation de créances nées

Les crédits de mobilisation de créances nées à court terme sur l’étranger permettent aux exportateurs qui ont accordé à leurs partenaires étrangers des délais de paiement à court à terme, de recevoir le montant de la créance qu’ils détiennent dés que celle-ci prend naissance[5].

Au Maroc, les banques intermédiaires agréées sont autorisées à contracter auprès de leurs correspondants étrangers des lignes de crédits destinées à la mobilisation en devises des créances nées à l’exportation, représentées par des effets ou par tout document attestant de l’existence de ces créances.

Les banques exigent de l’exportateur une assurance couvrant le risque commercial et/ou politique avant de lui consentir un crédit de mobilisation. Ce qui relève en plus le taux final de réescompte et rend les produits marocains moins compétitifs.

3 -Les avances en devises  à l’exportation et à l’importation

 Les avances en devise sont des crédits de trésorerie à court terme qui permettent de pallier, à un taux compétitif, les décalages de trésorerie entraînés par les opérations commerciales.

Elles sont consenties aux importateurs pour leur permettre de régler les importations préalables à l’exportation. Ces avances peuvent désormais faire l’objet d’une couverture à terme auprès de la SMAEX.

Enfin, l’étroitesse de la gamme des modalités de financement des exportations et les conditions jugées très sévères d’en bénéficier les exportateurs marocains  peut, expliquer que le souci de la mise en place de la mobilisation de créances nées sur l’étranger en devises ne vise pas en premier lieu l’intérêt de l’exportateur, mais plutôt celui des autorités concernées. Car le motif ultime est d’accélérer le rapatriement du produit des exportations; mais aussi de régler directement les importations des produits entrant dans la fabrication des exportations, sans pour autant, puiser des stocks en devises constitués par les autorités monétaires.

Conclusion :

Compte tenu de l’importance du soutien aux financements et assurance aux exportations, cette pratique suscite une vive concurrence entre les pays. Néanmoins, elle n’a pas suscité les pouvoirs publics marocains à mettre en œuvre des dispositifs de financement des exportations adéquats.

Cette remarque se justifie clairement par le désengagement progressif de l’Etat enregistré au niveau des fonds alloués au financement et assurance des exportations. Alors que pour d’autres pays concurrents et à niveau de développement similaire, tels que la Tunisie, on assiste à l’augmentation continue des engagements de l’Etat en faveur des exportateurs.

Pour ces considérations, l’économie marocaine, dont les rythmes de croissance restent modérés, nécessite la mobilisation de ressources importantes en capital. Or cette mobilisation ne pourrait se faire auprès du système bancaire local puisque le coût du crédit est à des niveaux jugés très élevés. Aussi convient-il de chercher à mobiliser des financements d’origine externe surtout privé sur les marchés financiers internationaux.

Pour l’avenir, et afin de réussir sur les marchés extérieurs, l’effort de promotion des exportations doit être remanié selon les principaux axes suivants :

-encouragement du soutien à l’investissement à l’étranger. Ce qui permettra aux exportateurs de développer la coopération et d’engendrer des flux financiers réguliers sur plusieurs années, soit par ventes de marchandises, soit par rapatriement de bénéfices réalisés.

-mettre en œuvre une réglementation des changes plus souple permettant aux opérateurs commerciaux de tirer profit des opportunités offertes par les marchés internationaux de capitaux.

-Mise en place des formules de crédit fournisseur et de crédit acheteur pour promouvoir le commerce extérieur surtout vers les pays en développement

-Assouplissement des procédures administratives et mise disposition des garanties suffisantes et à moindre coût.

Finalement, malgré son importance, le dispositif public marocain de soutien des exportateurs ne constitue toutefois, qu’un complément de ressources dont ces opérateurs ont besoin. Autrement dit, les organismes de financement des exportations ne sont les seuls visés pour la promotion des exportations. La dynamisation et la réussite de ces dernières est aussi l’œuvre conjugué de tous les acteurs intervenant dans la scène des exportations, tels que les  secteurs de la logistique: transporteurs, gestionnaires des ports, aéroports…


Bibliographie

Ouvrages :

AMELON Jean- Louis: Financer ses exportations; Bordas, 1988.
BERRADA  M.  A., SLAMTI Ahmed ;   1984  « La réglementation  des  changes au Maroc » ;  Ed. SECEA. Casablanca ;
DAOUDI Tahar. 1992. « les cautions bancaires » ;  El Maarif  El Jadida.
MONOD P. 1993. «Moyens et techniques de paiement internationaux », ESKA
KLEIN J. 1985. « Gestion et Stratégie Financières Internationales» ; Bordas, Paris
LEROUX F. 1994. Marchés internationaux des capitaux,  2° Ed. ESKA  Paris
SLAMTI A. 1993. «Exporter plus: promotion des exportations et rôle du système bancaire», Najah Al Jadida.
SIMON Y. Techniques Financières Internationales;  Economica  4ème éd. 1991.
GUERMATHA E. 1998. « Marché des changes marocain et gestion de trésorerie devises ».

Thèses :

OUAHI Lhoucine, 2004 « Financement des entreprises exportatrices marocaines : opportunités et contraintes». Thèse Doctorat ès sciences économiques; Faculté de droit Fès.

Les circulaires  de  l’office  de  change :

Circulaire n°1719 du 1er Août 2007, relative aux comptes en devises ou en dirhams convertibles au nom des exportateurs de biens et de services.
Circulaire n° 1720 relative aux investissements à l'étranger  du 1er Août 2007,  relative aux investissements à l'étranger.
Circulaire n° 1721 du 1er Août 2007,  relative aux opérations de placements en devises à l'étranger.
Circulaire n° 1722 du1er Août 2007,  relative aux crédits à l'exportation.
Circulaire n° 1633 du 1er  avril  1996  relative  à  l’institution   d’un  marché  des changes au Maroc
Circulaire n°1723 du 1 Août 2007, relative à la couverture du risque de change

Textes électroniques :
http://www.coface.fr (30/02/2008)
http://www.smaex.com (20/03/2008)
http://www.asmex.org/asmex (28/03/2008)
http://www.oc.gov.ma (02/04/2008)
 

[1] Le terme «système de financement du commerce extérieur» signifie, pour nous,  l’ensemble des organismes financiers, des procédures et des techniques  orientées vers le financement du commerce extérieur.
[2]  Il s’agit de la mobilisation de créance née à l’étranger. Ainsi cette créance peut être mobilisée sous des conditions plus privilégiées selon la réglementation du commerce extérieur en vigueur du pays de l’exportateur.
[3] Les règles et usances uniformes (RUU)  relatives au crédit  documentaire mises en place par la commission des techniques et pratiques bancaires de la chambre de commerce internationale (CCI) constituent un véritable code mondial en la matière.
[4] Le financement des exportations et leur assurance sont étroitement liés. Non seulement parce qu’un financement à des conditions privilégiées d’une opération d’exportation ne peut être obtenu que sous condition que cette opération soit assurée et à hauteur du montant assuré, mais aussi grâce au transfert au profit des banques du droit aux indemnités dont bénéficient les assurés de l’organisme assureur.
[5] La naissance de la créance dépend des clauses du contrat commercial et de la nature de l’exportation. En tout état de cause la mobilisation ne peut intervenir que lorsque la marchandise est sortie du territoire douanier.
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contribution à l'étude des régimes douaniers économiques .
Par merkouche el hadi, Date: 6/27/2009
l'article est trés interessant . je suis interessé par l'aspect régimes douaniers économiques au maroc . je prépare actuellment une these de doctorta sur les regimes douaniers economiques en algerie avec une omparaison des cas marocains et tunisien .

Je voudrais savoir si la question a fait l'objet de theses au maroc .

je vous remercie d'avance a bientot
contribution à l'étude des régimes douaniers économiques .
Par merkouche el hadi, Date: 3/1/2015
l'article est trés interessant . je suis interessé par l'aspect régimes douaniers économiques au maroc . je prépare actuellment une these de doctorat sur les regimes douaniers economiques en algerie avec une omparaison des cas marocains et tunisien .

Je voudrais savoir si la question a fait l'objet de theses au maroc .

je vous remercie d'avance a bientot
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